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DÉVIANCE ET CORRUPTION COMME PHÉNOMÈNES SOCIO-PATHOLOGIQUES DANS L’ÉCRITURE THÉATRALE FRANCOPHONE : LE CAS DE LA FORÊT ILLIMUNÉE DE GERVAIS MENDO ZE

D 21 avril 2015     H 01:29     A Ernest Désiré MVONDO BIVIA     C 3959 messages


Revue d’Études Africaines.
Littérature, philosophie et art.
La francophonie.
1er semestre 2014

DÉVIANCE ET CORRUPTION COMME PHÉNOMÈNES SOCIO-PATHOLOGIQUES DANS L’ÉCRITURE THÉATRALE FRANCOPHONE : LE CAS DE LA FORÊT ILLIMUNÉE DE GERVAIS MENDO ZE

Auteur : Ernest Désiré MVONDO BIVIA [1]

Parler de la déviance et de la corruption comme phénomènes socio-pathologiques dans l’écriture théâtrale francophone du XXe siècle nous oblige, d’une part, à lancer un coup d’œil synoptique sur le rôle joué par la francophonie auprès des écrivains africains de langue française, d’autre part, à voir la manière par laquelle ces derniers s’engagent à résoudre et à gérer certains maux qui entament le développement de l’Afrique en utilisant une langue qui est le français. Si avant la décolonisation beaucoup d’écrivains francophones ont eu à revendiquer l’indépendance de leurs pays en s’attaquant aux puissances métropolitaines, il faut tout de même rappeler que certains ont lancé un regard introspectif sur certains méfaits de leurs cultures, en s’attaquant à ce qui est dégradant et qui ne suscite pas l’épanouissement de l’homme noir au sein de sa société. Grâce à un modèle d’écriture qui est resté français, on peut lire les auteurs francophones à travers leur volonté d’émancipation qui se justifie par la dénonciation des maux qui minent l’Afrique. Saluant le mérite de cette langue dans les communautés francophones, Léopold Sédar Senghor, homme politique et homme de culture, Sénégalais, déclare : « La francophonie, c’est cet humanisme intégral qui se tisse autour de la terre, cette symbiose des énergies dominantes de tous les continents, de toutes les races, qui se réveillent à leur chaleur complémentaire » [2].
Pour Senghor, la francophonie serait donc une tribune, un moyen qui aide les écrivains africains à régler leurs problèmes à résoudre, leurs crises en acceptant d’utiliser le français pour se faire entendre. Pour en dire plus, Senghor atteste que la francophonie est une culture parce qu’elle pousse les communautés francophones à agir [3]. Aussi comprend-on la préoccupation des écrivains francophones qui s’appliquent à réorienter leur production artistique pour instaurer le développement et la démocratie. De nos jours, la diaspora francophone s’étend du Québec au Proche-Orient, en passant par le continent noir et les îles de l’Atlantique ou de l’Océan indien [4]. Elle couvre aussi : le Canada, de Saint-Denys Garneau, d’Anne Hébert et de Rina Lasnier ; les Antilles de Césaire et d’Édouard Glissant ; l’Égypte d’André Chedid ; le Liban de Schehadé et de Nadia Touéni ; l’Afrique de Senghor et l’ile malgache de Rabemananjara [5]. Dans toutes ces parties du monde, le rôle de la francophonie est de permettre aux hommes de cultures étrangères d’emprunter la langue française qui est une langue de communication afin de prendre en charge les problèmes de leurs sociétés.
On peut observer cet aspect des choses dans La Forêt illuminée de Gervais Mendo Ze. Soulignons que le théâtre, depuis l’époque médiévale jusqu’à nos jours, demeure, à n’en point douter un genre littéraire universellement apprécié, ceci parce que, de part sa représentation, il offre des lieux par excellence des expériences et des rencontres, voire même des enthousiasmes et des énergies mêlées [6]. Ce théâtre s’est toujours donné pour mission de rechercher des formes susceptibles de répondre à l’horizon d’attente du public. Il se charge de construire et de déconstruire entre tradition et modernité. Il se préoccupe des accidents, des lieux conflictuels pour dénoncer et pour proposer des solutions. C’est un théâtre qui se veut dynamique puisqu’il envisage le développement. À travers ses représentations scéniques, il vise à construire un monde selon la volonté de l’auteur qui a une idéologie à proposer.
Cette idéologie l’oblige à intégrer les spectateurs et plus loin les personnages, avec comme corollaire un didactisme politique ou moral [7]. Autant dire que Gervais Mendo Ze que nous présentons a su faire du théâtre un genre populaire dans La Forêt illuminée (1987, Éditions ABC) et même dans Boule de chagrin paru la même année chez le même éditeur. On peut lire à travers les séquences une prise en compte du public et par ricochet un partage des responsabilités, des goûts et des plaisirs. Les temps déictiques observés dans les scènes convoquent un « je » qui interpelle un « nous » dans une communication constructive et collective. L’auteur offre dans la pièce un théâtre labile et dynamique, un théâtre classique, traditionnel, bref un théâtre de la rue qui se veut utile, c’est-à-dire « un théâtre de marionnettes » [8]. La présente étude voudrait mettre à l’honneur l’idéologie de Gervais Mendo Ze au sein de la société camerounaise voire africaine. Autrement dit, que présente concrètement l’auteur au public dans sa pièce ? Que peut-on retenir dans la lecture des actes et des séquences lorsqu’on sait que le théâtre se donne pour mission d’éduquer ? Quelle éthique propose l’auteur au public africain et surtout camerounais au moment où certains pays s’engagent dans la voie de l’émergence ? Ne pourrait-on pas dire que la préparation à cette voie était déjà une préoccupation majeure de l’auteur depuis des décennies ?
Ces questions, ainsi posées, nous obligent à examiner l’apport de la socio-pathologie dans la création artistique. Retenons que la socio- pathologie est une science qui s’occupe des personnes traumatisées par certaines dégradations sociales. Dans la pièce elle nous aide parce qu’elle nous présente les personnages touchés par l’horreur des réalités camerounaises et même africaines et qui sont victimes d’un drame qu’ils ne parviennent pas à taire devant certaines « mochetés » [9]. L’auteur nous présente des hommes qui se battent pour sortir de ce chaos ; aussi comprend-on l’intérêt de la socio-pathologie dans l’œuvre. Elle est une science en lutte aux nouvelles règles et normes coercitives imposées par certains personnages représentés entre autres : la corruption, le clientélisme, le népotisme, le tribalisme, les préjugés, la jalousie, la mendicité, l’alcoolisme, le colportage, les rituels de deuil et de mariage etc. En fait, la socio-pathologie vise à gérer les risques et à réduire la vulnérabilité ; elle voudrait gérer les incertitudes, raison pour laquelle elle est indispensable dans la pièce étudiée, car elle nous présente un auteur qui offre au public une opportunité qui se lit à travers la compétence en termes de la maîtrise des événements. En un mot la socio-pathologie présente Gervais Mendo Ze comme un auteur qui voudrait prémunir le public contre l’imprévu et l’insaisissable [10].
Notre étude consiste donc à présenter les milieux ciblés par la socio-pathologie dans la pièce, et l’itinéraire spirituel de l’auteur, à dégager les grands thèmes contenus dans les séquences, à montrer les conséquences graves imposées par la corruption et la déviance, enfin à voir à travers les devinettes, la vision du monde que propose l’auteur au moment où le Cameroun s’engage dans une lutte acharnée contre la corruption et prône l’émergence à l’horizon 2035.


1. L’ITINÉRAIRE SPIRITUEL DE GERVAIS MENDO ZE

Gervais Mendo Ze est, dans la littérature camerounaise francophone, un géant, un baobab qui a su toucher le grand public. C’est un homme multiple qui a su embrasser plusieurs disciplines à la fois. Il est tour à tour dramaturge, cinéaste, musicien, choriste religieux ; c’est un harangueur de foule. Auteur compositeur de plusieurs chansons notamment « Le souverain pontife », un morceau qui a accueilli le Pape Jean Paul II en terre camerounaise en 1995 lors de sa deuxième visite ; « Chantal Biya », un chant qui salue le rôle joué par la première dame dans la lutte contre la pauvreté et surtout un chant qui loue l’humilité de cette dame de cœur qui sait toujours se rapprocher des démunis, des laissés pour compte, des sans abris. Gervais Mendo Ze deviendra encore plus célèbre à travers son titre phare, célébré dans tous les milieux religieux et mondains : « Assimba », chant religieux, le morceau est récupéré par des discothèques, les boîtes de nuit, les églises et autres, inscrivant l’auteur au rang des artistes les plus célèbres du monde. Homme de culture né en 1944 dans le Sud Cameroun, département du Dja et Lobo, Gervais Mendo Ze a fait de brillantes études d’abord en terre camerounaise puis en Europe. À l’université de Bordeaux III, il sort nanti d’un doctorat d’État ès Lettres. De retour au Cameroun, il s’engage dans l’enseignement. Grâce à sa perspicacité, il voit l’État camerounais lui confier de grands postes de responsabilités. Il sera donc tour à tour directeur adjoint de l’enseignement supérieur (1979) ; chargé de missions et chef de division des affaires culturelles à la présidence de la République (1980) ; 1988, directeur général de la Cameroon Radio Telivision (C.R.T.V.), en 2003, Ministre délégué à la communication.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages notamment : La Prose romanesque de Ferdinand Oyono : essai de stylistique textuelle et d’analyse ethno-structurale (thèse de doctorat d’État en linguistique française), édité par Groupe media international ; Boule de chagrin, pièce de théâtre qui partage les mêmes préoccupations que La Forêt illuminée que nous étudions mais dont la portée didactique repose sur le danger pour un père de choisir un mari pour sa fille, Initiation pratique à la diégèse. En 1990 il publie aux Éditions GIDEPPE : « Pour un multipartisme réfléchi en Afrique noire : le cas du Cameroun », la même année il publie : Caractéristique du discours du Président Paul Biya ; en 1994, Marie œcuménique ; 1995, Les Chemins de la sanctification : Conviction d’un Laïc engagé ; Père fondateur de l’ethno-stylistique, il est très difficile de présenter le Professeur G. Mendo Ze ; il est en 1995 Président du Conseil Internationale des Radios et Télévisions d’Expression Française (CIRTEF) ; que dire des distinctions honorifiques d’abord au Cameroun et ensuite en France, à travers la francophonie ? Ce qu’il faut tout simplement retenir de lui, c’est qu’il est, comme le disait son confrère Jacques Fame Ndongo lors des journées d’hommage de la faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines de l’Université de Yaoundé I à Aimé Césaire : « Un mythe foudroyant » [11]. Restant dans la logique de Jacques Fame Ndongo, Gervais Mendo Ze reste et demeure une icône flamboyante de la citadelle littéraire universitaire [12] en francophonie.

2. SITUATION DE LA PIÈCE DANS L’ESPACE ET L’INCORPORATION SOCIO-PATHOLOGIQUE DANS LES MILIEUX SOCIO-TRADITIONNELS ET PROFESSIONNELS

Le lieu de la représentation des séquences

Le théâtre depuis l’antiquité à travers les auteurs grecs tels que Aristophane, Eschyle, Euripide, Ménandre, Sophocle et bien d’autres, et même à l’époque baroque à travers : Caldéron, Lope de Vega, Tirso de Molina, Alarcon, John Ford… a toujours offert au public une action importante. Ceci sera continué à l’époque classique à travers les écrivains que sont : Pierre Corneille, Robert Garnier, Molière, Jean Racine. Le théâtre romantique du XVIIIe siècle avec : Marivaux, Beaumarchais, Goldoni, etc. Aussi avec le théâtre du XIXe siècle que conduisent Alexandre Dumas, Victor Hugo, Alfred de Musset, Lord Byron, Johan Wolfgand von Goethe et autres… Tous ces auteurs ont fait du théâtre un lieu où se déroule une action importante ; car pour eux, pour qu’il y ait théâtre, il faut cibler un lieu, un temps, une action et un peuple.
Le théâtre pour eux est devenu une expression des metteurs en scène où nos mœurs peuvent se lire à travers les tragédies. Ces auteurs se chargent d’offrir un spectacle pluridimensionnel ou alors un spectacle vivant qui se justifie par un métissage des disciplines. En montrant au public les dégâts, ce théâtre vise à corriger la société. Il est demeuré ainsi à partir du Vaudeville jusqu’au théâtre contemporain dont les pionniers sont : Paul Claudel, Jean Cocteau, Jean Anouilh, Samuel Beckett, Albert Camus, Jean Giraudoux et autres.
Tout cet historique du théâtre montre que le théâtre est un miroir social, il est le reflet caricatural de la société, car il nous permet de mieux comprendre la société à travers la dénonciation de ses failles. La Forêt illuminée hérite de ce passé et fait de Gervais Mendo Ze un auteur qui réfléchit sur le drame d’un village et d’une ville et même d’une région et d’un continent. La pièce nous permet de localiser l’événement, de cerner les actants et les situations, justifiant cette assertion de Michel Leiris :

Théâtraliser un événement ou un texte c’est l’interpréter scéniquement en utilisant scènes et comédiens pour camper la situation. L’élément visuel de la scène et la mise en situation des discours sont les marques de la théâtralisation [13].


Les réalités d’un village à partir des devinettes

Fidèle au respect des normes classiques telles que conçues par Boileau et autres au XVIIe Siècle, La Forêt illuminée nous permet de lire les rites à travers les cérémonies. Il pousse le lecteur à réfléchir sur la vie d’un village, d’une ville. Car notons que même si les séquences se déroulent au village, beaucoup de réalités de la ville tiennent une place importante dans la pièce. Le titre de l’œuvre est une métaphore de la ville, car La Forêt illuminée compare les réalités de la ville à celles du village. Le médiateur de la pièce le confirme bien, le personnage de Ndondoo : « La ville est une forêt » (p.29). Cependant, sa pièce procède à une innovation, car l’auteur, au lieu de parler des scènes comme ce fut le cas dans le théâtre classique, utilise plutôt les séquences pour décrire ses actions. Les lieux des séquences, c’est le village, puis la ville. Les personnages sont rassemblés autour du chef et de ses notables pour une veillée. Le drame va reposer sur les réalités locales à travers les devinettes qui se caractérisent parfois par un manque de logique, car certaines réalités sont mal perçues et sont tissées de préjugés. Les didascalies du texte d’ouverture en disent plus :

C’est la veillée au village. Plusieurs personnes forment l’assistance. Certaines sont debout, d’autres assises en demi cercle. Au centre du groupe, les notables sont allongés sur les longs fauteuils en bois, méditatifs. D’autres fument tranquillement leurs pipes. (…) Les gros rires de la foule en lisse provoquent un long brouhaha qui s’apaise) (p.9.)

La veillée au village regroupe les personnages variés qui ont chacun leur vision des choses. C’est par exemple le personnage de Nkout qui trouve que l’école en ville n’a pas sa place pour son fils Ekomba et que la perspicacité de ce dernier ne se manifeste avec aisance que lorsque ce dernier vit au village :

L’école de la ville est une histoire. Mon fils n’y est pas très brillant. Mais pour ce qui est de la vie au village, la perspicacité d’Ekomba n’est plus à démontrer. Il possède les arcanes de la sagesse ancestrale…Allez, vas-y Ekomba idiotifie cet Eba, achève-le avec une devinette de taille (p.10).

Le jeu des devinettes que propose Nkout à son fils va révéler l’état d’esprit des villageois. On pourrait lire les attaques, les soupçons, le commérage, les railleries. Les enfants du Chef qui n’ont pas vécu au village et qui ont fréquenté l’Europe en sont les principales victimes. Le personnage de Nkout grand railleur de la pièce trouve que les enfants qui s’éloignent du village ne pourront jamais maîtriser ses réalités et vivront désormais dans la confusion. À ce propos il déclare : « Quand un jour il trouvera pris au piège un buffle, il reviendra au village annoncer qu’il a attrapé un chat. On lui donnera un gourdin pour achever son chat. Alors, il se fera bêtement tuer par le buffle (p.11).
Gervais Mendo Ze se distingue à travers les dispositions séquentielles de la pièce. Il apparait dans les séquences comme un farceur, proche de la comédie de Molière qui voudrait corriger les mœurs en proposant le rire. Le divertissement des devinettes présente aussi des hommes inaptes intellectuellement qui n’arrivent pas à trouver de bonnes réponses aux devinettes, mais qui se livrent plutôt à la consommation abusive de l’alcool. Ces derniers sont agressifs d’où la mise en garde du personnage d’Eba aux villageois : « L’alcool que vous buvez est d’une très forte concentration. C’est très dangereux pour votre foie et votre santé » (p.12).
Le personnage d’Ekoum est le plus grand consommateur de « arki » [14] dans la pièce : « C’est cette bouteille de arki que je bois d’un trait » (p .12.) Les didascalies précisent qu’après l’avoir consommé, il se frappe la poitrine. La consommation abusive et régulière de cette liqueur artisanale pousse les villageois à attaquer courageusement et à vociférer toute vérité qui leur vient à l’esprit, mettant ainsi à mal les personnages qui ont le souci de promouvoir le village. Le même Ekoum, consommateur par excellence du arki, croît détenir les vérités les plus absolues du village ; ces mots en disent plus : « Je ne me contente pas de répéter la pensée des autres. J’actualise mes devinettes. Et croyez moi, ma devinette a une réponse extrêmement précise » (p.15). La réponse à ses devinettes ne vise qu’à attaquer le Chef à travers son fils, le personnage d’Anani, de retour d’Europe, mais absent au village pour des raisons d’adaptation. Le village pour ce dernier ne répond guère à sa condition, les réalités sont toutes autres que celles de l’Europe et surtout celles de la ville. Voici les phrases qui confirment cet aspect des choses :

Pour éviter le désordre et aider tous ceux qui ont la mémoire courte, voici la réponse que vous deviez trouver. Ma devinette concerne certaines personnes qui reviennent d’Europe. À l’aller, elles sont saines ; mais au retour elles sont presque folles. Tenez un exemple précis. Un fils de ce village, Anani (p.18).

Voilà une déclaration qui va susciter tout le dénouement de la pièce. Anani est-il véritablement ce personnage de Cheikh Hamidou Kane, qui, parti en Europe et de retour en Afrique, ne parvient plus à s’adapter aux dures réalités africaines, celles des Diallobés du Sénégal [15] ? La tradition voudrait que les jeunes musulmans récitent fidèlement les versets coraniques. Autour du personnage d’Anani tourneront : calomnie, moquerie, colportage, préjugés, jalousie et autres… Ekoum a réveillé tous les esprits du village et passe pour un homme à abattre. Pourtant les réalités vécues par Anani en ville depuis son retour d’Europe en disent plus, la ville est le cimetière des jeunes diplômés en quête d’un emploi. Comment lire le spectacle d’Anani en ville ? Que symbolise concrètement la ville dans la suite de la pièce ?


Le fardeau de la ville

La ville est dans les séquences perçue comme une zone dangereuse, d’après les devinettes. La vie y est différente de celle du village et suscite beaucoup d’attention parce que la circulation des voitures est intense, ce qui n’est pas le cas avec le village. Voici ce que dit le personnage de Ndondoo au sujet de la ville qu’il compare à une forêt illuminée :

AH ! Les mystères de la forêt illuminée. Dans nos forêts, les animaux qui marchent le jour dorment la nuit. Ceux qui dorment la nuit marchent le jour. Mais dans la forêt illuminée, le jour. Vuum ! La nuit Vuum ! Hey ! Les voitures ! Savez-vous, mes frères ? (p.33).

En ville l’activité est intense, les hommes circulent à tout moment et le repos est difficile. C’est un lieu de grandes luttes, car les hommes se bousculent pour la recherche de leur pitance et surtout pour la recherche d’un emploi. Elle devient une jungle, car ce ne sont que ceux qui se battent par tous les moyens qui accèdent à une vie aisée. Milieu d’intenses activités professionnelles, les sociétés privées et étatiques recrutent ; mais de quelle manière ? Il faut parfois avoir des affinités pour accéder à un emploi. Anani est victime de ces dures réalités de la ville. De retour de l’Europe, après de brillantes études, il ne parvient pas à trouver facilement un emploi. Pour les autres cela semble facile, parce que, ayant des connaissances, des hommes de même famille qui gèrent les sociétés ou qui sont de grands Directeurs dans l’administration privée ou publique et qui décident de tout, sans avoir des comptes à rendre à personne. Malheur aux personnes issues de familles pauvres ! Anani, malgré ses démêlés, va croquer cet os dur, car l’emploi pour lui n’est pas facile et la vie en ville pour lui devient de plus en plus difficile ! Il perd dans un premier temps sa tête, il est pris d’angoisses, en voici le témoignage de Ndondoo qui résume son drame :

Le temps passe
le temps passe
le temps passe
Anani ne travaille toujours pas.
Plus les jours passent, plus il devient grincheux.
OOOH ! Les nouvelles » (p.53)
.

Partout où il se rend, nul ne le reçoit. Les agents du service public, plongés dans une agitation indescriptible, ne le reçoivent guère. Anani devient partout un errant, un inconnu, lorsqu’il s’efforce de saisir sa chance, il subit les trafics d’influence de la part des agents :
« Vous arrivez le dernier et vous voulez être servi le premier. Pour qui vous prenez-vous ? C’est vous qui organisez le travail ici ? Pouvez-vous avoir une femme de ma qualité dans votre service ? Savez-vous à qui vous avez affaire ? ».
Tout le monde est chef dans ces milieux, on ne sait ni qui gouverne ni où se plaindre. Les chefs eux-mêmes sont invisibles et inaccessibles. On note un laissé aller, chacun crée ses lois, les dossiers trainent, les agents viennent au travail selon leurs propres horaires, que dire des patrons ? L’inertie et l’impunité s’installent. Les lieux de service deviennent des marchés publics comme l’indiquent ces phrases :

O.k. « Asso »… (Il s’adresse aux autres employés). Les amis, personne d’autre ne veut de mes articles ? Pour les hommes, j’ai de bons pantalons, du vrai mohair. Regardez celui-ci….Quand un homme le porte, on sent qu’on a affaire à quelqu’un. Hein ! Chef Lonabo, Monsieur Kefi, vous n’en voulez pas ? (p.69).

Voilà les réalités de La forêt illuminée (la ville) ! Par la Grâce divine, Anani finit par trouver un emploi et veut y consacrer le meilleur de lui même, il veut appliquer les techniques de travail observées lors de son séjour en Europe, mais malheureusement, il se retrouve de plein fouet avec les réalités du milieu. Il devient l’homme à abattre à cause de son vouloir faire et de son savoir faire. Ses camarades de service ne lui donnent aucune chance de se déployer. Ces derniers voudraient plutôt qu’il s’accommode d’eux. Le personnage de Lonabo devenu chef et recruté par des grâces de famille, sera son principal opposant. Ce dernier malgré son inaptitude professionnel, voudrait préserver son poste à tout prix. Il fait d’Anani son principal rival et le jalouse ; en voici le témoignage :

C’est pas évident. Ce nouveau venu du pays des Blancs n’a pas l’air bien. C’est le genre qui, parce qu’il a eu des diplômes à Mbengue, croit qu’il a des leçons à donner à tout le monde. Comment s’appelle t-il déjà ? (p.70).

Anani devient la rizière de tous les coups bas et risque désormais sa vie. Les manipulateurs des lieux en veulent à sa personne. Son bureau devient régulièrement hanté par ses détracteurs qui veulent l’envoûter. Nommé comptable-matières à la société MESCA, il assiste à une mascarade : les marchés gagnés par les prestataires ne sont guère livrés. Le personnage de CAPO, grand corrupteur, le courtise et lui lance ces phrases dans une gargote :

Des gens comme vous et moi qui avons des besoins communs et des services à se rendre. Vous les connaîtrez avec le temps. L’essentiel est que vous soyez perspicace. Toutes les théories qui vous rentrent dans la tête quand vous préparez vos grands diplômes finissent par faire de vous des cérébraux. Or, sur le terrain, c’est le pragmatisme, le réalisme (p.83).

La perspicacité et le pragmatisme doivent donc conduire les hauts responsables à la corruption et les fléaux doivent à tout prix affecter tous ceux qui accèdent à un emploi, sans exception ; point de moralité comme gage de progrès. Anani, voulant lutter contre l’obscurantisme, se retrouve seul, face à des loups qui en veulent à sa chair. Il ne sait où se situe la gangrène, tout le monde est dans le coup, du plus petit agent au plus grand patron, tout le monde mange sans penser aux autres.


L’incorporation socio-pathologique dans les milieux socio-traditionnels et professionnels

L’homme de théâtre est un homme engagé dans les luttes de son temps. La pièce de Gervais Mendo Ze est une œuvre d’art qui se lit de façon charnelle et profonde. Au village comme en ville, la socio- pathologie privilégie les traditions de même que les cultures. Elle s’appréhende comme un champ conjoint de la médecine et de la science expérimentale. Dans les séquences, elle gère la mentalité des personnages. Elle est l’état de la mise en cause des formes sociales évaluées comme caduques, au profit des formes sociales émergentes et intimement liées au développement technoscientifique [16]. Elle vise le développement des sociétés, car elle s’intéresse aux rapports sociaux qui se caractérisent par des pratiques et usages, des dominations et des contraintes. Elle incorpore des agents pathogènes [17] pour montrer les causes de certaines attitudes qui ne sont pas normales.
La veillée au village présente des hommes dégradés mentalement ; d’aucuns ne vivent que d’alcool, (le cas du personnage d’Ekoum par exemple dans la première séquence). La majorité des personnages prennent pour passion le commérage. Ils s’intéressent essentiellement à la vie privée des autres. Le personnage de Ngassali en subit les méfaits. Fiancée choisie par le Chef pour son fils Anani pendant qu’il étudiait en Europe, Ngassali va de tourments en tourments à cause de fausses accusations fomentées par les villageois. Le personnage d’Ekoum affirme l’avoir surprise en flagrant délit en pleine brousse avec le personnage de Kossi. Il insiste sur cet acte adultérin : « Tant pis. Mais je dis ce que j’ai vu et bien vu » (p.45). Les soupçons et les mensonges caractérisent les relations entre personnages et installent la discorde : Ngassali pleure et tombe, puis l’un des notables du Chef ordonne qu’on l’emmène derrière la maison. D’autres personnages sont accusés de sorcellerie à tort où à raison, le même Ekoum, par exemple, accuse Enam-Mveb d’avoir achevé la tante d’Anani avec ses maléfices :

Je ne voudrais désigner personne. Mais je vous affirme qu’on a informé Anani du danger qu’il court ici. D’ailleurs on lui a expliqué que c’est Enam-Mveb qui a achevé sa tante avec ses maléfices (p.43).

Les personnages du village excellent dans les affirmations gratuites et brillent par des préjugés. Enam-Mveb devient, à tord ou à raison, le poison du village. Tout le monde se méfie de lui. IL serait la cause de la fuite des jeunes au village. C’est le cas avec les deux fils du Chef : Avom et Anani. Les personnages du village sont menaçants et demandent plus. Aussi leur tradition voudrait qu’on impose les mariages aux jeunes, sans leurs airs. Anani n’est-il pas la victime de la pièce ? Le choix de Ngassali par le Chef ne l’intéresse guère, ce dernier préfère vivre sans foyer.
En ville, c’est le désastre. La corruption et la déviance sont les maîtres mots. La corruption, par exemple, est devenue le fruit des milieux publics. Elle est entre les mains des agents et de ceux qui dirigent. Elle est devenue un virus au cœur des hommes. Celle-ci empoisonne et tue non seulement les hommes, mais aussi les sociétés parapubliques et l’État. Bien plus que le cancer, le sida, la tuberculose, l’alcoolisme, la drogue et le tabac, les volcans, la corruption est la plaie constante de la pièce, la plus terrible que les hommes aient jamais connue. C’est un mal qui suscite la panique dans le texte. Le monnayage des services se lit dans les séquences. Les agents de services sont imbus d’eux-mêmes et se moquent des usagers. Ils quittent les bureaux et reviennent quand ils veulent, paralysant ainsi ceux dont les dossiers sont en urgence.
Anani subit les méfaits de ce drame. Il se trouve obligé de revenir plusieurs fois ne serait-ce que pour l’achat d’un timbre. Voici la réponse que lui donne la première guichetière : « Si vous êtes pressé, qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse ? Ne voyez-vous pas que celle qui vend les timbres au détail n’est pas la ? » (p.57). Que dire des cercles ésotériques où régent les secrets et où s’opère les détournements des biens publics ? Lonabo et son directeur ne pillent-ils pas la société MESCA ? Un journal a fait état de cette situation : « Un article paru dans le journal. Il est signé d’un inconnu dans la société MESCA. L’auteur de l’article attaque avec des mots violents le fonctionnement de la société MESCA » (p.100). Le poison atteint tous ceux qui s’attèlent à bien servir. Anani passe pour un traitre en refusant de respecter les clauses d’un système, aussi comprend-on pourquoi son bureau sera hanté et lui même gravement malade. Ndondoo relate les tristes faits de ce drame : « Anani est hospitalisé, il a les yeux fixes, il ne parle pas » (p.101). Voilà le sort réservé à tous ceux qui prônent l’honnêteté dans les services publics. En ville, la duperie, l’incivisme, l’impunité, le népotisme, le bavardage, l’intimidation, le conflit de génération, le manque de collaboration abondent dans les services publics, privés et parapublics. Cette triste expérience fait tenir au personnage d’Anani les propos suivants :

Cette triste expérience est douloureuse et amère. La liste noire, elle-même longue : la diffamation, les intrigues, le laisser-aller, le laxisme, la corruption, l’incompétence, l’inconscience, le clientélisme, et j’en passe…Bref, toutes les tares pourrissant le tissu humain de nos pays et freinant considérablement les efforts pour la prospérité de nos villes, de nos campagnes, de nos fils et de nos parents (p.106).

De telles attitudes peuvent-elles favoriser l’éclosion d’une nation ? C’est la question que pose La Forêt illuminée de Gervais Mendo Ze. La corruption et la déviance doivent elles régir les sociétés africaines face à la Mondialisation ?

CONCLUSION

Cette étude visait à présenter la déviance et la corruption comme phénomènes socio-pathologiques dans l’écriture théâtrale francophone : le cas de La Forêt illuminée de Gervais Mendo Ze. Au moment où cette étude s’achève, on peut saluer les efforts déployés par la francophonie pour permettre aux écrivains francophones d’Afrique de prendre en charge les problèmes de leur continent. Car dans sa Charte, beaucoup d’articles militent pour la promotion de la paix, de la démocratie, du développement durable, de l’intensification du dialogue et bien d’autres aspects qui ont trait à l’instauration de la dignité humaine. On constate que l’auteur avait eu un regard lointain sur l’avenir du Cameroun et de l’Afrique. Au jour d’aujourd’hui l’État camerounais, par exemple, mène une lutte acharnée contre la corruption galopante dans les services de l’État ; on parle de « L’opération épervier » [18]. Pourtant, La Forêt illuminée tirait déjà la sonnette d’alarme contre ce fléau. Son théâtre se présente comme celui d’un auteur liturgique [19], proche des dramaturges de la Grèce antique qui avaient toujours su offrir au public des éléments sacrés et profanes, comiques pour corriger les vices de la société. Son théâtre devient un culte d’abord parce que ce théâtre présente des villageois plongés dans des pratiques traditionnelles qui ne suscitent aucun progrès et qui visent à maintenir les hommes dans des attitudes rétrogrades et ancestrales. Ensuite, ce théâtre devient le miroir des sociétés privées et de l’État. Celles-ci ont fait de la corruption un vice à la mode. L’auteur de La forêt illuminé voudrait présenter au public ce désastre à travers un jeu énigmatique de devinettes. Gervais Mendo Ze devient donc, à cet effet, « un humaniste de terrain » [20], car il vise à corriger la société camerounaise à travers des séquences comiques et parfois tragiques qui illustrent la mort de l’État et de la société africaine en général et de la société camerounaise en particulier.
Que faut-il aux États africains pour sortir du sous développement et s’inscrire dans la mouvance de la Mondialisation ? « L’opération épervier », appliquée au Cameroun, serait-elle le seul moyen d’éradiquer la corruption dans la société camerounaise ? Que dire des pratiques traditionnelles ancestrales qui voudraient que certaines tribus restent fidèlement attachées à leurs coutumes, cultivant ainsi le tribalisme dans un pays qui compte plus de deux cents ethnies ? L’éthique et la méritocratie ne devraient-elles pas permettre à l’Afrique d’émerger ? Il ne serait pas erroné de dire que c’était à ce niveau que reposait l’éthique théâtrale de Gervais Mendo Ze. Son engagement prône la lutte contre la corruption et la déviance qui constituent un frein pour notre développement de par ses préoccupations. L’auteur rejoint les autres pairs de l’écriture francophone d’Afrique justifiant ces propos de Léopold Sédard Senghor :

La création d’une communauté de langue française (…) exprime le besoin de notre époque, ou l’homme, menacé par le progrès scientifique dont-il est l’auteur, veut construire un nouvel humanisme qui soit, en même temps, à sa propre mesure et à celle du cosmos [21].

Gervais Mendo Ze voudrait intégrer dans les cultures africaines et dans les États africains un esprit d’ouverture avec les autres aires linguistiques et culturelles. Pour lui, l’Afrique doit répondre aux défis du monde moderne.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[1Université de Buea, Cameroun.

[2SENGHOR, Léopold Sédar, « Le Français langue de culture », in Revue Esprit, n° 331, novembre 1962, p.844.

[3BOISDEFFRE, Pierre de, Poètes français d’aujourd’hui, Paris, P.U.F, p.52.

[4Ibid.

[5Idem.

[6MVONDO BIVIA, Ernest Désiré, « La Guerre comme phénomène socio- pathologique dans l’écriture poétique du XXe siècle : une étude comparative de Paroles de Jacques Prévert et La Diane française de Louis Aragon », inédit, 2012, p.1-15.

[7MVONDO BIVIA, Ernest Désiré, op. cit.

[8Ibid., p.11.

[9LAMKO, Koulsy, « Théâtre du “Sud” : l’épineuse question du répertoire », in Notre Librairie : Revue de littérature du Sud, op.cit., p.9-15.

[10ROCHET, Guy, Introduction à la sociologie générale, l’action sociale, t.1, Paris, HMH, 1968, p.174.

[11FAME NDONGO, Jacques, « Un mythe foudroyant », in Cameroun Tribune no 9082/5281, 18 avril 2008, p.6.

[12FAME NDONGO, Jacques, op. cit., p.6.

[13LEIRIS, Michel, La Possession et ses aspects théâtraux chez les Éthiopiens de Gondar, Paris, Plon, 1952, p.100.

[14Boisson alcoolique distillée de manière artisanale, obtenue par la fermentation du maïs et contenant 100% d’alcool.

[15KANE, Cheikh Hamidou, L’Aventure ambigüe, Paris, UGF-10/18, 1979.

[16CANGUILHEM, Georges, Le Normal et le Pathologique, augmenté de nouvelles réflexions concernant le normal et le pathologique, Paris, 2003, 9e édition, P.U.F., p.96.

[17Ibid., p.75.

[18Termes utilisés par l’État camerounais et qui visent à traquer toux ceux qui ont pillé les caisses de l’État en s’enrichissant de manière illicite.

[19LAGARDE, André et alii, Moyen Age : les grands auteurs du programme, Paris, Bordas, 1963, p.153.

[20MVONDO BIVIA, Ernest Désiré, L’Altérité dans le roman français du XXe siècle : étude comparative de quelques romans de Joseph Kessel et de Paul Morand, thèse de doctorat/Ph.D. ès Lettres, Université de Yaoundé I, Yaoundé, 2012, p.335.

[21MVONDO BIVIA, Ernest Désiré, op., cit.

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